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Hiver, fatigue et excitation des fêtes : pourquoi cette période est éprouvante pour les enfants DYS, TDAH et hypersensibles

L’hiver et l’approche des fêtes de fin d’année sont souvent associés à des moments joyeux et chaleureux. Pourtant, pour de nombreuses familles d’enfants DYS, TDAH ou hypersensibles, cette période peut devenir plus compliquée à vivre. Fatigue accrue, agitation, baisse de concentration ou découragement scolaire sont fréquemment observés en décembre.

Ces réactions ne sont ni un manque de volonté ni un recul des capacités. Elles sont le reflet d’une surcharge temporaire, liée à la saison hivernale et à l’intensité émotionnelle des fêtes.

Hiver et fatigue chez les enfants DYS et TDAH

La baisse de la luminosité naturelle a un impact direct sur l’énergie, l’attention et la motivation. En hiver, beaucoup d’enfants se sentent plus fatigués, moins disponibles mentalement et plus sensibles aux stimulations extérieures.

Chez les enfants DYS ou TDAH, cette fatigue se manifeste souvent plus tôt dans la journée. Les apprentissages demandent déjà un effort cognitif important, et l’hiver vient accentuer cette charge. Le cerveau peine à rester mobilisé sur la durée, ce qui peut donner l’impression d’une baisse de performance ou d’un manque d’implication.

À cela s’ajoutent les contraintes liées au froid, aux vêtements plus épais, aux changements de température et au temps passé davantage en intérieur. Pour les enfants hypersensibles, ces éléments sensoriels s’accumulent et fragilisent l’équilibre global.

L’excitation des fêtes de fin d’année : une surcharge émotionnelle souvent invisible

À l’approche de Noël, le quotidien change. Les décorations avec leurs lumières fortes, les musiques apparaissent, les répétitions de spectacles s’enchaînent, les sorties et les repas de famille se multiplient. Cette période est source de joie, mais aussi d’une forte excitation émotionnelle.

Pour les enfants neuroatypiques, cette excitation peut devenir difficile à réguler. L’anticipation des événements, les imprévus, les surprises et les stimulations sensorielles intenses peuvent générer de l’agitation, des troubles du sommeil, une hypersensibilité accrue ou une difficulté à se concentrer en classe.

L’enfant ne “déborde” pas volontairement. Il fait simplement face à une charge émotionnelle et sensorielle trop importante à gérer seul.

Difficultés scolaires en hiver : ce que l’on observe à l’école

En classe, cette période se traduit souvent par des difficultés scolaires plus marquées. Les enseignants observent parfois une baisse de l’attention, davantage d’erreurs, une agitation inhabituelle ou un repli. Certains enfants semblent moins motivés, plus lents ou plus irritable.

Ces signaux sont souvent mal interprétés. Pourtant, ils s’expliquent par l’accumulation de fatigue, l’excitation des fêtes et la surcharge sensorielle. En hiver, l’effort demandé pour apprendre est simplement plus coûteux pour les enfants DYS et TDAH.

Reconnaître cette réalité permet d’adapter les attentes et d’éviter de renforcer le stress scolaire.

Comment accompagner les enfants neuroatypiques pendant l’hiver

Accompagner un enfant DYS ou TDAH en hiver ne signifie pas renoncer aux apprentissages, mais les ajuster. À l’école, quelques adaptations peuvent soulager la charge cognitive : alléger l’écrit, autoriser l’usage de l’ordinateur, proposer des pauses courtes ou anticiper les changements de routine liés aux fêtes.

À la maison, la stabilité joue un rôle clé. Instaurer un temps de retour au calme après l’école, maintenir des horaires de sommeil réguliers et limiter les sollicitations en soirée permet à l’enfant de récupérer. En période de fêtes, il est parfois nécessaire de ralentir et de faire des choix, afin de préserver l’équilibre de l’enfant.

Bien-être sensoriel en hiver : l’importance du confort

Le confort sensoriel est souvent sous-estimé, alors qu’il joue un rôle très important dans le bien-être des enfants hypersensibles. En hiver, les vêtements peuvent devenir une source d’inconfort importante : matières qui grattent, coutures épaisses, superpositions trop lourdes.

Pour un enfant hypersensible, cette gêne permanente augmente la fatigue et fragilise la régulation émotionnelle. Privilégier des vêtements doux, sans couture, respirants et faciles à superposer permet de réduire cette surcharge invisible.

Lors des fêtes de fin d’année, il est préférable de choisir une tenue confortable et connue de l’enfant plutôt qu’un vêtement « spécial » difficile à supporter.

Reconnaître les signes de surcharge chez l’enfant

Certains signaux doivent alerter en hiver : fatigue inhabituelle, irritabilité, pleurs fréquents, refus d’aller à l’école, agitation ou perte de confiance. Ces manifestations ne sont pas des caprices, mais des indicateurs d’un besoin de soutien.

Écouter ces signaux, rassurer l’enfant et ajuster temporairement le rythme permet souvent d’éviter une spirale de stress et de découragement.

Traverser les fêtes de fin d’année avec plus de sérénité

Anticiper les événements, expliquer ce qui va se passer, ritualiser les temps calmes et préserver des moments sans exigences sont autant de leviers pour accompagner les enfants DYS, TDAH et hypersensibles en cette période intense.

Les fêtes de fin d’année peuvent rester un moment de partage et de plaisir, à condition de respecter les besoins spécifiques de chaque enfant. En mettant le bien-être au cœur des priorités, on favorise une fin d’année plus apaisée et plus inclusive.

 

 

 

*image Freepik

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